Une journée remplie… mais aucune décision importante prise. Ce n’est pas toi. C’est ton agenda.
🎩 Mot du Croco - Bienvenue dans l’enfer des meetings
Un jour, un vieux mentor m’a dit :
« Ce n’est pas que tu fais trop de choses. C’est que ton agenda ne t’appartient plus. »
Depuis, je repense souvent à cette phrase.
Parce que dans l’hôtellerie comme ailleurs, le vrai luxe aujourd’hui, ce n’est plus la vue sur mer ni les bureaux design.
Le vrai luxe, c’est de pouvoir penser.
Du vrai calme. Pas ce silence anxieux entre deux réunions Zoom.
Mais celui dans lequel naissent les décisions qui comptent.
Or, visiblement, ce luxe-là, on ne se l’offre plus.
🔥 Insight leadership :
Une dirigeante qui ne pense plus, c’est une dirigeante qui réagit.
Et une leader qui ne choisit plus, c’est un agenda qui gouverne l’hôtel — au lieu d’un hôtel dirigé par une vision.
💡 Question provoc’ :
Et si ton agenda actuel faisait de toi une exécutante… plutôt qu’une stratège ?
🕯 La Scène - Une journée sans respiration
📅 Chronologie réelle, dans un établissement 5 étoiles. Rien d’inhabituel. Juste… la norme.
En tant que directrice, je sais qu’on m’attend partout, tout le temps.
Mais ce que je redoute le plus, ce n’est pas l’intensité.
C’est de ne plus avoir une seule minute pour penser.
Voilà une journée comme tant d’autres.
Elle n’a rien d’exceptionnel — et c’est justement ça, le plus dangereux.
9h.
À peine arrivée, je voulais jeter un œil à mon planning.
Mais avant même d’ouvrir l’ordi, on m’informe qu’un collaborateur a glissé dans les escaliers.
Accident du travail, probablement. Il faut déclencher la procédure, prévenir la direction, coordonner avec le service RH.
9h30.
Je rejoins l’équipe pour le briefing du matin.
On déroule les urgences du jour. Je note, je promets, j’anticipe.
Personne ne décide vraiment, mais tout s’enchaîne déjà.
10h30.
Un client VIP signale un souci dans sa suite.
J’appelle la maintenance, je contacte la réception, je rédige un message pendant que je prépare l’appel au client.
Je m’excuse. Je dis qu’on va trouver une solution. Je repousse le reste.
11h30.
Réunion hebdo avec les heads of department.
Chacune présente ses KPIs, ses problèmes, ses alertes.
Je valide deux arbitrages logistiques, sans vraiment avoir le temps d’y réfléchir.
13h.
Je grignote devant mon écran.
Un fournisseur me relance sur une facture. Un client demande un geste. Une collaboratrice attend un retour RH.
14h.
Réunion RH.
Deux équipes en tension depuis des semaines.
On essaie de trouver une piste de sortie, mais personne n’a de solution claire.
On reporte. Encore.
15h.
Je bloque une heure pour reprendre mes prévisionnels.
À peine dix minutes plus tard : tension à la réception, erreur sur une facturation.
Je descends. Je gère. Je reviens.
16h.
Une cheffe de service me demande un point sur sa carrière.
On improvise un échange. Je l’écoute, je la rassure, je promets un suivi.
17h.
Deuxième entretien, cette fois avec une manager en poste.
Même écoute. Même pression. Même promesse.
18h.
Je tente de rattraper mes mails.
Je scroll, je réponds vite, je classe, je reporte ce qui demande vraiment du recul.
19h.
Je ferme mon ordi.
J’ai géré. Toute la journée.
Mais je n’ai rien dirigé.
Ce n’est pas une journée difficile.
C’est une journée typique.
Et c’est justement ça, le problème.
Et à force de vivre des journées comme celle-là, on finit par gouverner en réaction.
Plus vraiment en direction.
🧠 Backstage - Ce que j’apprends des coulisses
Quand une journée est saturée de sollicitations, ce n’est pas seulement notre énergie qui s’épuise.
C’est notre capacité à piloter.
À force d’être partout, on n’est plus nulle part pour de vrai.
On reste à la surface de tout, sans jamais activer ce qui distingue une directrice d’une gestionnaire :
🧠 La pensée stratégique.
C’est une réalité biologique : le cortex préfrontal : cette zone qui anticipe, modélise, décide à long terme est désactivé par la surcharge, les interruptions, la pression continue.
Résultat : on devient des cheffes de l’urgent.
Mais on abandonne notre poste de capitaine.
Et le pire, c’est que personne ne nous le reproche.
Parce que gérer, c’est visible. Penser, non.
🛠 Ce qu’on teste cette semaine - Le filtre anti-agenda
Cette semaine, je teste un protocole très simple.
Avant d’accepter un rendez-vous dans mon agenda, je passe par ce filtre en 3 questions :
- Ce point peut-il être traité en asynchrone ? (mail, Slack, Loom…)
- Suis-je la seule personne légitime pour y participer ?
- Ce rendez-vous empiète-t-il sur mon temps de réflexion stratégique ?
👉 Si je réponds deux fois “oui”, j’annule, je décline ou je délègue.
🎯 L’objectif : protéger au moins 1h par jour de vraie disponibilité mentale.
Pas du “temps libre”. Du temps décisionnel.
Et pour aller plus loin, j’utilise l’IA comme garde du corps d’agenda :
Je lui colle mes demandes de rendez-vous, et je lui demande :
“Aide-moi à prioriser ces créneaux selon leur impact stratégique, leur urgence, et ma valeur ajoutée.”
Spoiler : ça marche mieux qu’un assistant exécutif.
🐊 Croco Bite - Une phrase qui tranche
“Si tu ne pilotes pas ton agenda, quelqu’un d’autre le fera à ta place.”
🔐 La Clé - Reprendre le contrôle de son agenda (vraiment)
Tu veux piloter, pas juste réagir ? Voici une méthode simple, élégante et 100% activable dès maintenant.
🕰 1. Structure hebdo : un agenda pour diriger, pas juste survivre
Utilise ton Google Calendar ou cet outil gratuit :
👉 https://calendar.notion.so
(ou Sunsama pour une version pro)
Et bloque chaque semaine ces 4 types de créneaux :
- 🔍 Deep Work – 2 x 90 min : traiter un vrai sujet de fond, sans interruption
- 🧭 Pilotage – 1h : arbitrages, vision, stratégie moyen terme
- 🌿 Respiration – 2 créneaux vides : sans objectif, sans réunion
- 🤝 Leadership visible – présence terrain, entretiens, coaching 1:1
💡 Astuce : donne une couleur différente à chaque type de bloc pour visualiser la vraie répartition de ton temps de direction.
🤖 2. Prompt IA : ton garde du corps mental
Avant de remplir ton agenda, passe par chatGPT pour faire le tri :
Si tu as l’option image :
- Fais une capture d’écran de ton agenda hebdo
- Dis à chatGPT :
« Analyse mon agenda :
– Quels RDV sont à forte valeur stratégique ?
– Lesquels peuvent être délégués ou traités en asynchrone ?
– Où puis-je créer du temps de réflexion sans impacter la performance ? »
Sinon, en version texte :
Colle une liste rapide :
– Réunion budget lundi 10h
– Call RH mardi 14h
– Suivi client mercredi 16h
– Point manager jeudi 9h
– Préparation audit vendredi 11h
Et ajoute ce prompt :
« Pour chaque RDV, dis-moi :Est-ce stratégique ?Puis-je le déléguer ?Peut-il être transformé en message asynchrone ?
Puis propose une version optimisée de ma semaine. »
⏳ 3. Bonus : le mode "direction pure"
Tu veux t’assurer que ce temps de réflexion soit respecté ?
Utilise un outil de time blocking qui t’installe dans une vraie bulle de décision
- https://pomofocus.io → tu entres ton sujet stratégique, tu lances 25 min puis tu t’octroies 5 min de pause
- https://www.forestapp.cc → tu bloques ton téléphone… et tu fais pousser un arbre si tu tiens bon 🌱
Un agenda, ça se structure.
Mais une vraie décision, ça se protège.
🧳 Conclusion : Travailler sans réfléchir, c’est creuser sans plan
La répétition d’actions sans recul, c’est l’autoroute vers l’épuisement.
Ce qui nous rend utiles, ce n’est pas ce qu’on fait minute après minute
c’est la direction qu’on donne à nos décisions.
Alors, la vraie question n’est pas “suis-je occupée ?”
Mais :
“Ce que je fais maintenant… est-ce que ça construit quelque chose qui comptera demain ?”
🎯 Si ce sujet t’a parlé, écris-moi :
Quelles sont tes routines anti-distraction ?
Ton truc à toi pour protéger ton rôle de leader ?
Et si tu connais une collègue qui confond agenda rempli et impact réel… transfère-lui cette édition.
Ça pourrait lui faire gagner une semaine.
A la semaine prochaine,
Laurie & le Croco🐊



