Ce n’est pas le stress, ce n’est pas la charge, c’est ce que ton cerveau continue à traiter… même quand tu crois avoir terminé.
🎩 Mot du Croco : “Ce n’est pas le burn-out. C’est l’indécision chronique.”
J’ai vu des directeurs dormir 4h par nuit et rester brillants. Et d’autres, en congé sabbatique, à bout de souffle.
Le vrai point commun ?
Une accumulation de décisions jamais digérées.
Le mental tourne en tâche de fond. Il n’y a plus de repos. Même au spa.
Dans ce club, on n’attend pas l’effondrement pour ajuster.
On ferme les dossiers ouverts.
Même ceux dans la tête.
🕯 La Scène : “Trois mois suspendue à un appel.”
J’ai passé des entretiens pour un poste important.
Ce n’était pas l’enjeu du job qui m’épuisait.
C’était le vide entre deux rendez-vous.
Je vivais au rythme de leurs appels.
Entre chaque entretien, je préparais le suivant.
Je m’entraînais en anglais avec ChatGPT.
Et à chaque fois, je ressortais en me disant :
“C’est ce qu’ils voulaient entendre.”
Et pendant ce temps ?
Ma vie était en pause.
J’ai mis ma newsletter en stand-by.
J’ai suspendu mon inscription à une formation HEC.
Même mes vacances, je n’osais plus les planifier.
Puis un matin, le déclic.
J’étais dans l’attente. Et les mois passaient.
Mais j’ai compris que l’attente passive, c’est une décision par défaut.
Alors j’ai repris la main.
J’ai booké mes vacances.
J’ai signé l’achat d’un studio.
Et surtout, j’ai recommencé à décider pour moi.
Pas pour plaire.
Pas pour coller.
Pas pour attendre.
🧠 Backstage : “Ce que l’hôtellerie ne dit pas sur l’épuisement.”
Chaque jour, une directrice décide :
• vite
• sous pression
• avec des infos incomplètes
• en sachant que l’impact est réel
Le vrai problème, ce n’est pas la charge.
👉 C’est l’absence de récupération décisionnelle.
Les décisions restent ouvertes.
Elles tournent en fond.
Elles polluent les suivantes.
Ce n’est pas spectaculaire.
Ce n’est pas dramatique.
Mais c’est usant.
Je l’ai vécu.
Pendant ces trois mois d’entretiens, j’étais dans un flou cognitif constant.
Le cerveau toujours en tâche de fond.
Chaque rendez-vous me demandait un effort de posture, de stratégie, de contrôle.
Et entre deux ? Impossible de relâcher.
J’étais là, mais jamais vraiment là.
Une partie de moi répétait des scénarios. L’autre évaluait les risques.
Je souriais, mais j’étais tendue.
Je dormais, mais sans repos.
Et ça, aucun hôtel ne l’enseigne.
En psychologie, c’est l’effet Zeigarnik :
👉 notre cerveau retient et rumine ce qui n’est pas terminé.
Dans un hôtel, ça se traduit vite :
- Un recrutement non finalisé ? Le staff reste dans le flou.
- Une stratégie floue ? Chaque manager interprète à sa manière.
- Une hésitation mal assumée ? L’équipe le sent, et se fige.
Les leaders solides ne cherchent pas à tout régler d’un coup.
Mais elles savent dire : “J’ai décidé. Point final.”
🛠 Ce qu’on teste cette semaine : Le protocole de clôture mentale
Fermer une décision, ce n’est pas “passer à autre chose”.
C’est prendre 90 secondes pour désencombrer le cerveau.
Voici le protocole que j’utilise désormais à chaque décision importante :
- Ce qui est décidé → en une phrase claire, sans nuance.
- Ce que je cesse volontairement d’analyser → pour couper le bruit mental.
- Quand je réévaluerai → une date ou “jamais”, mais pas “on verra”.
👉 Exemple 1 (pro) :
"Je décide de ne pas rappeler ce candidat pour le poste de F&B manager.
Je cesse d’imaginer ce qu’il aurait pu apporter ou comment il aurait réagi.
Je réévaluerai ce choix si aucun des finalistes ne fait ses preuves dans les 90 jours.”
👉 Exemple 2 (perso) :
"Je décide de ne pas suivre la formation HEC ce trimestre.
Je cesse de comparer ce que j’aurais pu apprendre ou de douter de mes priorités.
Je réévaluerai en septembre, quand mes projets actuels seront consolidés.”
👉 Exemple 3 (micro-quotidien) :
"Je décide de ne pas répondre à ce mail tendu avant demain matin.
Je cesse de reformuler mentalement mes arguments.
Je le traiterai à tête reposée à 8h30, avec un café et une vraie posture de décision.”
Sans cette micro-clôture, ton cerveau continue à bosser… en souterrain.
Et c’est là que la fatigue décisionnelle devient chronique.
🔐 La Clé : Mon protocole anti-Zeigarnik en 3 temps
Trop de dirigeantes laissent leur cerveau gérer ce qu’un bon système peut absorber.
Moi, j’ai un protocole simple, mais puissant.
Il me permet de capturer, centraliser et clore sans surcharge mentale.
🎙 1. Tout capturer (immédiatement, sans réfléchir)
- Les idées parlées ?
→ Enregistrées dans l’app Dictaphone de l’iPhone
→ Transcript automatique copié dans la note du jour dans Obsidian - Les écrits à la volée ?
→ Sur ma Remarkable
→ Transférés ensuite en vrac dans Obsidian - Les To Do concrètes ?
→ Directement dans Things, sans fioritures - Les autres pensées parasites ?
→ Note rapide dans Notes ou Obsidian, peu importe le support, l’objectif est de sortir l’idée de la tête.
🗂 2. Tout centraliser dans un espace unique
- Mon cerveau ne garde rien.
- Tout converge vers Obsidian (ou Notion si vous préférez).
- Chaque élément est horodaté par jour → je sais d’où ça vient, quand, dans quel état d’esprit.
🧠 3. Rituel de tri mental – chaque vendredi soir ou dimanche
C’est le moment décisif.
Je relis tout ce que j’ai capturé pendant la semaine, et j’applique ma micro-matrice de clôture :
- Décision à prendre ?
→ Je tranche tout de suite (même petite). - Décision différée ?
→ Je note exactement quand je la réévaluerai (et je la sors de mon esprit jusque-là). - Décision inutile ?
→ Je jette. Sans culpabilité.
🎯 Une décision non close consomme autant d’énergie qu’un conflit.
Ce tri m’évite de la laisser vivre en fond.
🧠 Bonus psychologie : l’effet Zeigarnik
En psychologie, c’est bien documenté :
👉 Notre cerveau rumine ce qui est inachevé.
👉 Il oublie facilement ce qui est clos.
📚 David Allen, dans Getting Things Done, le résume ainsi :
“Ton esprit est fait pour avoir des idées, pas pour les contenir.”
🤖 Bonus IA : automatiser le rappel de clôture
Chaque soir ou chaque fin de semaine, tu peux utiliser un bot Notion ou GPT personnel avec ce prompt :
“Quelles décisions sont encore ouvertes dans ta tête aujourd’hui ?”
“Qu’est-ce que tu refuses de trancher ?”
“À quoi penses-tu en boucle ?”
Le simple fait de poser la question calme le mental.
Et libère une énergie précieuse pour les vraies décisions du lendemain.
🐊 Croco Bite
“Une décision non close consomme autant d’énergie qu’un conflit. Clôture-toi.”
🧭 Conclusion
Combien de décisions ouvertes encombrent encore ton mental ?
Qu’est-ce que tu repousses sans vraiment t’en rendre compte ?
Est-ce que ton système actuel protège ta clarté… ou la sabote en silence ?
Si cette édition t’a parlé, c’est probablement que tu fais partie de cette minorité exigeante :
celles et ceux qui veulent diriger sans compromis, avec lucidité et élégance.
🎯 Chaque semaine, The Guest List explore un angle méconnu du leadership hôtelier, des décisions de carrière, ou de la performance mentale.
Invite une collègue ambitieuse, une mentor discrète ou une jeune manager qui a soif d’alignement.
Elles rejoindront le club par ici :
À la semaine prochaine,
Laurie & Croco 🐊



