Et tout se joue dans la décision que vous prenez face à lui.
Les carrières rapides se construisent dans les zones que les autres évitent
🎩 Mot du Croco
On croit que les carrières rapides sont une question de talent.
En réalité, elles sont une question de responsabilité acceptée.
Les moments où ma carrière a vraiment accéléré ne sont pas ceux où j’étais prête. Ce sont ceux où j’étais exposée, ceux où je savais que si je me trompais, la responsabilité serait pour moi.
Un poste stratégique vide, un flou organisationnel, une pression silencieuse du siège, le risque de recruter trop vite par ego… et le risque inverse de laisser le vide trop longtemps et fragiliser l’organisation.
C’est inconfortable, parfois même vertigineux, mais c’est exactement là que tout se joue.
Le jour où vous acceptez un sujet que personne ne veut vraiment porter, vous changez de catégorie. Vous passez de “performante” à “fiable”, de “compétente” à “structurante”.
Les carrières rapides appartiennent à celles et ceux qui acceptent le vide stratégique, pas à celles et ceux qui attendent un cadre parfait.
🕯 La Scène
Quand je suis arrivée, le poste stratégique était vide.
Un poste stratégique qui devait structurer l’équipe et sécuriser les décisions à venir.
Tout le monde savait qu’il fallait recruter.
La question, c’était quand.
Recruter trop vite, c’était risquer de me tromper, par manque de connaissance du produit, de l’équipe, de la personnalité dont nous avions réellement besoin.
Laisser le poste vacant trop longtemps, c’était fragiliser l’organisation et exposer l’équipe.
Et au milieu de ça, il y avait moi.
La pression de ne pas faire d’erreur.
La pression de décider sans encore tout maîtriser.
La pression silencieuse de savoir que si je me trompais, ce serait visible.
J’aurais pu faire semblant d’être sûre.
J’aurais pu recruter vite pour donner l’illusion du contrôle.
Je n’avais pas encore les trois ou quatre mois d’immersion nécessaires pour comprendre en profondeur le terrain. Au début, on croit toujours qu’on sait. En réalité, on n’est pas encore imprégnée.
Alors j’ai pris une décision inconfortable : ne pas recruter tout de suite.
À la place, j’ai fait appel à des profils externes, des talents capables de rentrer dans le chaos, de remettre de l’ordre, tout en gardant un pied dehors.
Je savais que ce serait transitoire.
Je savais aussi que certains tiendraient, et que d’autres s’épuiseraient face à l’ampleur du chantier.
Ce n’était ni confortable, ni glorieux.
Mais c’était responsable.
Je ne voulais pas recruter vite.
Je voulais recruter juste.
🧠 Backstage
Ce que peu de gens comprennent, c’est que les carrières ne s’accélèrent pas quand on travaille plus.
Elles s’accélèrent quand on change de niveau de jeu.
Il y a un moment précis où tout bascule :
le moment où vous quittez l’exécution pure pour entrer dans la structuration.
Dans mon cas, ce n’était pas “remplir un poste”.
C’était :
- comprendre le produit en profondeur,
- analyser la dynamique réelle de l’équipe,
- identifier la personnalité dont nous avions besoin — pas sur le papier, mais dans ce contexte précis,
- mesurer l’impact du vide sur la performance,
- anticiper la perception côté siège,
- décider du bon timing.
Ce type de décision ne se prend pas en deux semaines.
Il faut trois à quatre mois d’immersion réelle pour voir ce que l’organigramme ne montre pas.
Et c’est là que le niveau de jeu change.
À un niveau opérationnel, on remplit un besoin.
À un niveau stratégique, on construit un équilibre.
Plus on monte, plus les décisions sont invisibles.
Elles ne se voient pas dans un planning, mais dans ce qu’on choisit de différer.
Ne pas recruter trop vite.
Ne pas combler le vide pour se rassurer.
Accepter de porter la tension pendant plusieurs mois.
C’est inconfortable.
Mais c’est précisément cette capacité à structurer dans le flou qui accélère une carrière.
Parce qu’à ce stade, vous ne gérez plus un poste.
Vous gérez un système.
🛠 Ce qu’on teste cette semaine
Avant d’accepter un poste stratégique, ou de recruter dans l’urgence, testez ceci.
Le test du vide stratégique.
Prenez 15 minutes seule, sans pression extérieure, et répondez honnêtement à ces cinq questions :
- Est-ce que je comprends vraiment le système, ou seulement la fiche de poste ?
- Quelle décision suis-je en train de vouloir prendre pour me rassurer ?
- Ce vide révèle-t-il un manque de compétence… ou un manque de structure ?
- Ai-je identifié la personnalité dont cette équipe a réellement besoin, ou seulement le profil idéal sur le papier ?
- Suis-je prête à porter la tension pendant 90 jours sans céder à la précipitation ?
Si vous ne pouvez pas répondre clairement à ces cinq points, ce n’est pas un problème.
C’est un signal.
Le signal que vous êtes peut-être en train de jouer plus haut que d’habitude.
Et c’est précisément là que la carrière se transforme.
🐊 Croco Bite
Les carrières rapides se construisent dans les zones que les autres évitent.
🔐 La Clé – Changer de niveau de jeu
Dans une carrière, il y a trois niveaux.
Niveau 1 : l’exécution.
On apprend. On fait. On délivre. On devient fiable.
La valeur vient de la compétence.
Niveau 2 : la structuration.
On ne fait plus seulement, on organise.
On pense cadre. On anticipe. On sécurise.
La value vient de la solidité.
Niveau 3 : l’architecture.
On accepte les zones floues.
On prend des décisions dont l’impact ne sera visible que dans six mois.
On tient la tension.
La valeur vient de la vision.
Les carrières rapides basculent au niveau 3.
Mais on n’y arrive pas par hasard.
Voici le passage concret :
1. Changez de perspective
Avant toute décision stratégique, posez-vous cette question :
“Si j’étais propriétaire, qu’est-ce qui m’inquiéterait vraiment ici ?”
Cette question change tout.
Elle élargit le regard.
Elle vous force à penser impact, risque, réputation, long terme.
2. Testez vos décisions à 6 mois
Pour chaque sujet sensible, demandez-vous :
- Quel est l’impact réel dans six mois ?
- Quel est le coût si je vais trop vite ?
- Quel est le coût si j’attends ?
3. Prenez volontairement un sujet évité
Chaque trimestre, identifiez un angle mort :
un poste flou, une zone non structurée, une tension latente.
Et prenez-en la responsabilité.
C’est inconfortable.
Mais penser comme une exécutante améliore la performance.
Penser comme une architecte accélère la trajectoire.
🎬 Conclusion
Les carrières rapides ne sont pas une question d’intelligence.
Elles sont une question de décisions prises dans le flou.
Avec le temps, j’ai compris quelque chose :
ce n’est pas la pression qui fatigue.
C’est l’absence de méthode pour décider.
Beaucoup de managers performants ne manquent pas de talent.
Ils manquent d’un système décisionnel clair.
Alors j’ai une vraie question pour vous.
Est-ce que vous avez l’impression de savoir décider avec clarté…
ou est-ce que vous décidez encore à l’instinct, sous pression, dans l’urgence ?
Est-ce que vous avez une habitude décisionnelle structurée,
ou seulement une bonne intuition ?
Répondez-moi.
Dites-moi si la prise de décision est un sujet sur lequel vous aimeriez devenir plus solide, plus rapide, plus sereine.
Et si cette newsletter vous a parlé, transférez-la à quelqu’un qui est en train de monter en responsabilité.
Parce qu’à un certain niveau, ce ne sont plus les compétences qui font la différence.
Ce sont les décisions.
A la semaine prochaine.
Laurie & Croco🐊



